VERNISSAGE JEUDI 13 NOVEMBRE / 18h30 / entrée libre
EXPOSITION DU 14 NOV AU 18 DEC 2008
Cet homme est dingue... De bric et de broc, avec des radiographies récupérées et un monceau de matériaux hétéroclites, Fioretti vient encombrer la salle d’exposition du CCF d’une installation géniale.

Hôpital ? Culture ? Hôpital de la culture ? Ne serait-ce pas de cela et uniquement de cela dont nous avons besoin ? A condition que la culture ne soit pas confinée dans les rayonnages des bibliothèques. Dans culture il y a aussi hôpital. Et inversement. Gérard Fioretti, en praticien de l’art, n’est jamais bien loin du bloc opératoire. Ses installations ressemblent à des infirmeries de campagne militaire. On y trouve de quoi établir un premier diagnostic et de quoi survivre. Piratant l’histoire de l’art, récupérant et détournant les objets et traces de notre quotidien, Fioretti s’inscrit dans la veine des artistes bricoleurs.
Il utilise toutes les techniques et fonctions de l’art pour provoquer la réaction, montrer du doigt, et parfois appuyer là où ça fait mal. Sans cruauté pourtant. On pourrait même dire que c’est pour rire. Car au fond c’est drôle. Mais vrai aussi. Ce qui est moins drôle. Vrai au sens où ça nous évoque quelque chose. Peut-être pas forcément quelque chose de notre vie à nous mais de ce que nous croyons être notre vie. Autrement dit tout ce qui se passe autour de nous et dont souvent, trop souvent, nous ne sommes pas les acteurs. Appelons cela les actualités, le milieu ambiant, la conjoncture, l’époque, etc… L’énorme spectacle qui nous tient lieu de viatique. Fioretti agite tout cela en artiste poétique et politique, avec la candeur radicale de l’enfance.
Il fabrique des petits manèges sonores que l’on active avec angoisse ou délectation, archive les tranchées de guerres absurdes mais bien réelles, dépose la Joconde au fond de poêles à frire, travaille ses toiles au chalumeau, découpe des figures dans les radiographies de nos poumons ou peint dessus des paysages désolés, installe des moteurs dans ses tableaux, joue avec les messages et codes du journalisme et de l’art, se met en scène dans des performances déjantées, rend hommage à Goya, fait voltiger des poupées Barbie dans ses vidéos… En somme, tout ce qui fait tourner nos vies et les remplit. Avec nous. Malgré nous. Contre nous. Jusqu’à la suffocation.
L’artiste d’aujourd’hui est un vecteur. Il endosse souvent les habits d’autres professions, infirmier, chroniqueur, clown, historien, sociologue ou balayeur pour mieux dire combien envahissant est le contexte et combien circonstancielle notre condition d’êtres vivants. Question de respiration. Santé mentale : Joseph Beuys ne voyait-il pas dans les éboueurs les derniers artistes de notre époque.
Eric Girard-Miclet, directeur CCF Pointe-Noire
Gérard Fioretti est actuellement en résidence au Centre Culturel Français de Pointe-Noire. Il vit et travaille à Périgueux.
Dernières expositions et interventions :
Landoscopy / Christine Argillet Gallery, West-Hollywood, Los Angeles, 2001
Guerre plastique / Espace François Mitterrand, Périgueux, 2003
Les Jocondes ont dérouillé et Ménageons les femmes de ménage /
Musée du Périgord, 2003
Studio Brescia Arte Contemporanea, Brescia – Italie, mai – juillet 2008
Festivals ExPoésie de Périgueux 2005, 2006, 2007, 2008 (performances)
Prochainement :
Biennale Internationale d’Art Contemporain de Malindi – Kenya, décembre 2008
La Visitation, Périgueux, avril 2009
Nous remercions le Conseil Général de la Dordogne pour son soutien financier ainsi que le site internet Congopage et la clinique Netcare de Pointe-Noire pour leur appui logistique.
Nous remercions également Alain Bashung pour son Résidents de la République.


